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Montagnes tropicales africaines : des sanctuaires de biodiversité vulnérables   
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Une collaboration impliquant le LSCE a étudié les pollens contenus dans des sédiments lacustres prélevés au Cameroun. Son analyse montre que la forêt montagnarde africaine est extrêmement vulnérable face au changement climatique.
Publié le 13 février 2019

Du Cameroun à la Péninsule arabique, des montagnes et hauts plateaux africains abritent les mêmes espèces végétales endémiques alors que ces régions distantes sont séparées par des basses terres. Ces « îles du ciel » sont des hauts-lieux de la biodiversité mais elles sont menacées par les activités humaines et le changement climatique.

Une collaboration internationale impliquant le LSCE a étudié la biodiversité de la chaîne de volcans du Cameroun en examinant les pollens dans les sédiments du lac Bambili, situé à 2273 mètres d'altitude. Les pollens sont en effet remarquablement bien conservés dans les sédiments et leur forme et ornementation sont spécifiques à la plupart des espèces de plantes.

Les chercheurs ont ainsi pu rassembler une masse de données unique en Afrique tropicale, couvrant la plus grande partie du dernier cycle climatique (90.000 ans). Ils ont pu reconstituer avec précision la réponse de ces écosystèmes montagnards à des conditions climatiques extrêmes (refroidissement et réchauffement). Pour cela, ils ont classé et compté les grains de pollen et caractérisé la réponse des végétaux aux pressions environnementales.

Selon leurs travaux, la forêt montagnarde camerounaise a été extrêmement sensible aux changements climatiques, à la différence des forêts de basse altitude. Son extension géographique a beaucoup varié, avec une limite haute très fluctuante et une limite basse pérenne. Cette forme d'instabilité écologique n'a pas nui à la biodiversité et l'a au contraire favorisée.

Ces travaux ont été réalisés en collaboration avec le Laboratoire d'océanographie et du climat, expérimentations et approches numériques (Locean) de l'Institut Pierre-Simon Laplace et de l'Herbier national du Cameroun, avec le soutien de l'ANR, du Forum Belmont et de l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

 

A. Mazaud, dépêche du 15/02/2019
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