La désintégration de la plate-forme de glace Larsen B induite par l’eau de fonte a suscité des inquiétudes quant à la possibilité que d’autres plates-formes de glace présentent des vulnérabilités similaires à mesure que les températures mondiales augmentent.
Les projections climatiques indiquent une vulnérabilité accrue des plates-formes de glace à la fonte de surface au cours du siècle à venir ; toutefois, la capacité des modèles climatiques à grande échelle à simuler les températures au-dessus des plates-formes de glace — un facteur clé de ces projections — a rarement été évaluée. Nous comblons cette lacune en utilisant les données de réanalyse ERA5 pour évaluer les performances de 31 modèles CMIP6 dans la simulation de la température de l’air près de la surface au-dessus de 46 plates-formes de glace antarctiques sur la période 1979–2014. Nous constatons que les modèles CMIP6 présentent des biais chauds annuels et estivaux au-dessus de la plupart des plates-formes de glace. On observe également une variabilité intermodèle pouvant atteindre 13 °C entre les températures simulées au-dessus des plates-formes d’Amery et de Riiser-Larsen, tant pour les moyennes annuelles que estivales.
Des différences régionales marquées apparaissent : les plates-formes de la région de la baie d’Amundsen présentent des biais froids, tandis que celles de la mer de Weddell présentent des biais chauds. Bien que les corrections liées à la topographie permettent de réduire certains biais, nous mettons en évidence des différences saisonnières notables, incluant des biais de signe opposé entre les moyennes annuelles et estivales. Nos résultats soulignent l’importance d’une sélection rigoureuse des modèles selon la plate-forme et la région afin d’améliorer la fiabilité des projections climatiques futures et des évaluations de la vulnérabilité des plates-formes de glace antarctiques.

Auteurs: Fields M, Bassis J, Kachuck S, Moldwin MB, and Agosta C.
Journal of Glaciology, published online, https://doi.org/10.1017/jog.2025.10121, 2026

