Une étude d’attribution montre que le réchauffement climatique a amplifié l’intensité de l’épisode de grêle qui a touché Paris et plusieurs régions de France et d’Allemagne le 3 mai 2025. Il s’agit de la première analyse d’attribution dédiée à un événement de grêle en Europe.

Figure: Changements liés au climat de la probabilité et de la taille de la grêle pour des conditions atmosphériques analogues à l’événement du 3 mai 2025. (a) Variation de la probabilité de grêle. (b) Variation de la taille des grêlons (en cm). Les anomalies sont calculées entre une période passée (1974–1999) et une période récente (1999–2024) à circulation atmosphérique comparable.
Le 3 mai 2025, un épisode convectif intense a généré des chutes de grêle importantes sur Paris et une grande partie du territoire français, avec des grêlons atteignant plusieurs centimètres de diamètre. L’événement a fortement perturbé les activités urbaines et engendré des pertes assurées supérieures à 300 millions d’euros. Pour analyser le rôle du changement climatique, les chercheurs ont utilisé une approche par analogues atmosphériques. Cette méthode consiste à comparer la situation météorologique à l’origine de l’événement avec des configurations similaires observées dans le passé. En maintenant constante la circulation atmosphérique à grande échelle, il est possible d’isoler l’effet du réchauffement climatique en comparant deux périodes, 1974–1999 et 1999–2024.
Les résultats montrent que, pour des conditions météorologiques comparables, la probabilité de grêle a augmenté jusqu’à 30 % sur Paris et plusieurs régions de France et d’Allemagne. Les tailles de grêlons simulées passent d’un régime faiblement dommageable à des valeurs clairement destructrices, atteignant 3 à 4 cm dans de nombreuses zones. Autrement dit, un événement auparavant modéré devient aujourd’hui un aléa à fort impact. L’étude indique également que si le déclenchement des orages de grêle reste dominé par la variabilité naturelle, le changement climatique en augmente significativement l’intensité une fois l’événement initié. En s’appuyant sur les réanalyses Copernicus, mieux adaptées que les modèles climatiques pour représenter les phénomènes convectifs, ce travail montre que le réchauffement en cours modifie déjà le risque de grêle en Europe. Ces résultats sont particulièrement pertinents pour les zones fortement urbanisées comme Paris, où l’exposition et les pertes économiques associées à ces événements sont susceptibles d’augmenter.
Davide Faranda, chercheur CNRS au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE/IPSL), souligne que la grêle ne peut plus être considérée comme un aléa marginal ou localisé. Dans un climat plus chaud, ces événements deviennent plus intenses et affectent des zones plus étendues, y compris les grandes agglomérations. Tommaso Alberti, chercheur à l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV), précise que la situation atmosphérique ayant déclenché l’événement n’est pas exceptionnelle en soi. En revanche, dans un climat plus chaud et plus instable, elle produit des grêlons plus gros et des impacts plus importants, avec des conséquences en cascade sur les infrastructures, les activités économiques et les systèmes assurantiels.
Référence de l’article :
Faranda, D., and T.Alberti. 2026. “Investigating the Role of Climate Change in the 3 May 2025 Western Europe Hailstorm Using Atmospheric Analogs.” Atmospheric Science Letters27, no. 3: e70016. https://doi.org/10.1002/asl2.70016.

