Le lait des chèvres et des brebis étaient exploités dès le 7ème millénaire BC sur le Plateau Iranien

Le lait des chèvres et des brebis étaient exploités dès le 7ème millénaire BC sur le Plateau Iranien

L’article « Caprine dairy exploitation on the Iranian Plateau from the seventh millennium BC » publié en février 2026 dans Nature Human Behaviour est le bilan du projet Européen Marie-Curie VARGAH hébergé au Muséum National d’Histoire Naturelle il a été scientifiquement mené entre les UMR BioArch et LSCE.

Quand, où et à partir de quels animaux l’élevage laitier est-il apparu pour la première fois ? Cette question reste un enjeu majeur en archéologie. Si l’exploitation précoce du lait de vache est bien documentée en Anatolie et en Europe, on en sait beaucoup moins sur les produits laitiers dans les régions plus orientales, en particulier sur le Plateau iranien. L’étude publiée dans Nature Human Behaviour apporte désormais un éclairage sur cette zone d’ombre, révélant que le lait de chèvre et de brebis était largement consommé dans le Plateau iranien, en particulier dans les montagnes du Zagros, au moins à partir du 7e millénaire avant notre ère.

Figure : Pedestal bowl with goats design. Fifth Millennium BCE. Tappeh Esmail Abad, Savojbolagh, Alborz Province, Iran ©National Museum of Iran

Le projet VARGAH explore le développement du pastoralisme mobile à travers le Plateau Iranien. Centré sur les occupations pastorales mobiles et sédentaires de la période du Néolithique Céramique dans les montagnes du Zagros. En se basant sur des techniques de pointes plus de 360 céramiques ont été analysés pour leurs résidus lipidiques, dont une dizaine directement datée par la méthode du 14C et une dizaine de dent avec du tartre ont été analysés pour leurs résidus protéiques. Les études archéozoologiques sur les modes d’abattage des moutons et des chèvres ont mis en évidence l’exploitation du lait dans le sud des montagnes Zagros au cours du 8e millénaire avant notre ère, avant l’utilisation de la poterie. En combinant les résidus lipidiques incorporés aux vaisselles en poterie avec les analyses protéiques du tartre dentaire humain et l’analyse des assemblages de restes fauniques l’utilisation répandue des produits laitiers a été démontrée.

Figure : Sélection de céramiques durant le projet VARGAH ©Marjan Mashkour

L’étude apporte des preuves directes de l’exploitation du lait à partir d’anciens résidus alimentaires. Les lipides d’origine laitière ont pu être directement datés par le 14C à l’échelle de molécules, les plus vieux résidus datant du 7ème millénaire BC. Sur tous les sites, des résidus de produits laitiers de ruminant ont été identifiés en proportions importantes. Le lait n’était pas une ressource marginale, mais la pierre angulaire de la subsistance pastorale préhistorique, tant pour les communautés nomades que sédentaires.

Les sociétés préhistoriques en Asie du Sud-Ouest ont adopté la consommation du lait à peu près à la même époque, mais avec des animaux et des stratégies économiques différents. Cette étude permet d’affiner notre compréhension sur les conséquences directes de la domestication des caprinés et de préciser sa chronologie et d’ouvrir des pistes de réflexion sur le processus de la domestication et la diversification alimentaire des populations de l’Asie du Sud Ouest.

Référence : Casanova, E., Davoudi, H., Zazzo, A. et al. 2026. Caprine dairy exploitation on the Iranian Plateau from the seventh millennium BCNat Hum Behav. https://doi.org/10.1038/s41562-025-02396-y