Synchronisation bipolaire des carottes de glace volcaniques pour l’ensemble de la dernière période glaciaire

Synchronisation bipolaire des carottes de glace volcaniques pour l’ensemble de la dernière période glaciaire

La synchronisation précise des archives paléoclimatiques est essentielle pour déduire la dynamique et l’évolution passée du système climatique. Pour la dernière période glaciaire, les échelles de temps des carottes de glace provenant des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique ont été synchronisées à l’aide de radionucléides cosmogéniques, de concentrations de gaz atmosphériques et de traces de grandes éruptions volcaniques.

Nous identifions ici les signatures de dépôt de sulfate des 300 mêmes éruptions volcaniques dans différentes carottes de glace du Groenland et de l’Antarctique afin d’obtenir une synchronisation interhémisphérique des carottes de glace volcaniques pour toute la dernière période glaciaire et le début de l’Holocène (10-110 ka). Par rapport aux synchronisations volcaniques bipolaires antérieures, nous comblons une lacune dans la période 16,5-24,5 ka et étendons la synchronisation pour couvrir les intervalles 10-12 ka et 60-110 ka. En outre, nous augmentons la densité des points de correspondance bipolaires et apportons des mises à jour et des corrections aux synchronisations bipolaires et unipolaires existantes. La synchronisation volcanique est en accord avec les synchronisations bipolaires existantes issues de correspondances indépendantes entre le 10Be et le méthane. La synchronisation volcanique bipolaire nous permet de déterminer le phasage précis des événements climatiques abrupts interhémisphériques tout au long de la dernière période glaciaire, en particulier ceux associés aux événements Dansgaard-Oeschger (D-O). Notre synchronisation améliorée et notre période prolongée nous permettent de montrer qu’au moment des transitions de réchauffement D-O, la température moyenne de l’Antarctique atteint un maximum dans les décennies qui suivent le maximum de température du Groenland. Ce réchauffement rapide de l’Antarctique se superpose au réchauffement bipolaire thermique à l’échelle millénaire bien connu en Antarctique, généralement attribué au transport de chaleur océanique, et confirme les travaux antérieurs selon lesquels le changement brusque observé au Groenland est associé à un changement direct de la circulation atmosphérique à l’échelle mondiale.

Figure: Évolution du moment où apparaissent les phénomènes « Antarctic onset » et « Antarctic delay » associés aux transitions climatiques au Groenland. Les points indiquent le moment où apparaissent les valeurs moyennes dln (a) et δ18O (b) en Antarctique, ainsi que leurs valeurs maximales (c) et leur intervalle de temps estimé par rapport au point médian de la transition climatique au Groenland, qui se produit à « t = 0 ». Les résultats sont présentés pour différentes études portant sur différents carottages de glace et intervalles de temps.

Auteurs: Anders Svensson, Guido Vettoretti, Jia-mei Lin, Giulia Sinnl,…., Amaëlle Landais, Marie Bouchet, Anna Klüssendorf, ….

Quaternary Science Reviews 375 (2026) 109755, DOI: https://doi.org/10.1016/j.quascirev.2025.109755