Les petites zones de déforestation des forêts humides tropicales pèsent lourd dans le bilan carbone

Les petites zones de déforestation des forêts humides tropicales pèsent lourd dans le bilan carbone

Une étude publiée dans Nature révèle que les petites zones de déforestation, souvent inférieures à 2 hectares, dans les forêts tropicales humides sont responsables de plus de la moitié des pertes de carbone des forêts tropicales au cours des 30 dernières années. L’Afrique et l’Asie du Sud-Est sont particulièrement vulnérables. Menée par une équipe internationale dirigée par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA/CNRS/UVSQ), cette recherche met en lumière l’impact disproportionné des petites activités humaines sur la perte de carbone forestier, soulignant le besoin de protection et de politiques de lutte contre la déforestation à tous les échelons pour protéger ces écosystèmes vitaux.

Cette étude qui intègre des données satellitaires haute résolution montre que les petites perturbations (< 2 hectares, l’équivalent de 2 terrains de football) représentent seulement 5 % des zones déboisées, mais sont à l’origine de 56 % des pertes nettes de carbone des forêts tropicales.

Ces pertes sont principalement dues à la conversion définitive des forêts humides, qui sont d’important stocks de carbone, en cultures, pâturages, routes ou zones urbaines, sans recroissance ultérieure de la forêt. Au contraire, les pertes de carbone dues aux incendies dans de nombreuses forêts tropicales sèches sont en partie compensées par une régénération à long terme après les incendies.

L’étude a utilisé une méthode de comptabilité du carbone de la biomasse avec une résolution de 30 mètres, combinant données satellitaires et courbes de récupération de la biomasse. Cette approche permet de mieux comprendre l’ampleur des différents types de perturbations (incendies, dégradation, régénération) sur le bilan carbone des forêts tropicales, grâce aux nouvelles cartes haute résolution de la biomasse fournies par l’Agence spatiale européenne.

Ces travaux ont été menés dans le cadre de l’initiative scientifique One Forest Vision financée par le Ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Photo:© Johannes Wilk, Global Land Monitoring group (GFZ)

Small persistent humid forest clearings drive tropical forest biomass 3 losses”, Nature, janvier 2026. DOI 10.1038/s41586-025-09870-7