La période du début de l’Holocène en Europe est marquée par un réchauffement du climat à mesure que la Terre sortait de la dernière ère glaciaire et est suivie par l’émergence de l’agriculture et de l’élevage dans la seconde partie de l’Holocène. L’augmentation de l’influence humaine a eu de profonds impacts sur la surface terrestre, mais l’évolution du climat de l’Holocène en a aussi entrainé. Distinguer le rôle des humains et du climat sur l’évolution de la végétation devient de plus en plus difficile à mesure que l’on avance dans l’Holocène puisque la pression humaine sur l’environnement y devient de plus en plus prononcée. Dans ce contexte, nous cherchons à comprendre à quel point les modèles de végétation dynamiques (DGVMs) diffèrent dans leur représentation de la végétation potentielle naturelle (PNV) en Europe au cours de la seconde partie de l’Holocène (8,5 k.a. BP à 1900 ap JC).

Nous avons utilisé trois DGVMs différents, SEIB-DGVM, ORCHIDEE-DGVM et CARAIB, en Europe, appliqués à six périodes temporelles, et les avons forcés avec des données climatiques d’entrée identiques obtenues avec le modèle climatique iLOVECLIM (avec descente d’échelle spatiale et correction de biais). Les résultats ont ensuite été comparés aux reconstructions polliniques de la base de données TERRANOVA. En conclusion, les trois modèles reproduisent la couverture végétale dérivée des pollens avec le même niveau de performance à l’échelle européenne. Cependant, leurs résultats diffèrent largement à l’échelle régionale, particulièrement dans les régions montagneuses et boréales. Ils montrent également de grands écarts dans leur représentation de la diversité de PFTs au niveau du point de grille, mettant en lumière l’impact de la dynamique interne de chaque modèle sur les résultats. À l’échelle globale, ils s’accordent sur une diminution du score de correspondance entre leurs résultats et les reconstructions polliniques avec le temps, indiquant (comme attendu) une augmentation de la pression humaine sur les paysages.
Auteurs : Isabeau A. Bertrix, Hisashi Sato, Nicolas Viovy, Hans Renssen, Didier M. Roche
Article : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0277379126000223


