Impact des feux sur les mesures de CO aux stations du réseau ICOS-France

Impact des feux sur les mesures de CO aux stations du réseau ICOS-France

Concentrations du monoxyde de carbone (CO) mesurées aux stations françaises du réseau ICOS. Le maximum mesuré à Biscarrosse le 24/07 est de 25.000 ppb

Les mesures de monoxyde de carbone (CO) dans les stations du réseau de l’infrastructure de recherche ICOS reflètent l’intensité des feux en France en ce mois de juillet 2026. Successivement, l’Observatoire de Haute Provence (OHP), les stations de Trainou en forêt d’Orléans, de Biscarosse dans les Landes, de Lannemezan au pied des Pyrénées, mais aussi au Pic du Midi de Bigorre à 2877 m, ont enregistrés des concentrations de CO largement supérieures aux niveaux habituels. Alors que les concentrations enregistrées dans ces observatoires en milieu rural, sont comprises typiquement entre 50 et 200 ppb, les mesures à la station de Biscarrosse ont atteint 25.000 ppb le 24 juillet. Ces très fortes concentrations à Biscarrosse traduisent surtout le fait d’être directement sous le vent des incendies, mais on voit que dès le 25 juillet le panache de ces incendies du Sud-Ouest atteint l’observatoire du puy de Dôme avec des concentrations jusqu’à 10.000 ppb, témoignant de la dispersion à grande échelle des panaches émis par les incendies. L’intensité des signaux observés cette année dans les stations ICOS est inédite depuis 2022.

Corrélations entre les concentrations de monoxyde de carbone (CO), et celles de CO2 et CH4 mesurées aux observatoires de Biscarrosse, Trainou et Pic du Midi.

Le monoxyde carbone émis par les combustions est un indicateur des panaches issus des feux, mais ce n’est bien sur pas le seul composé émis. Les analyseurs du réseau ICOS permettent également les mesures du dioxyde de carbone (CO2) et du méthane (CH4). Les corrélations entre ces gaz et le CO permettent de caractériser une signature chimique des différents panaches. L’indicateur MCE (Modified Combustion Efficiency) définit comme le rapport ΔCO2/(ΔCO2 + ΔCO) permet par exemple de classer le type de feux à l’origine des signatures observées dans les observatoires. Un MCE inférieur ou égal à 0.85, comme par exemple les signaux mesurés à Trainou et Biscarrosse, indique des émissions dominées par des feux couvants, alors que des valeurs de MCE supérieures à 0.92, comme dans le cas du Pic du Midi, témoigne plutôt de feux ardents. Cette distinction est importante puisque les panaches issus des feux couvants ont un impact plus fort sur la qualité de l’air du fait d’émissions plus élevées de différents polluants, tels que que les composés organiques volatils et les particules fines, composés également mesurés dans les observatoires nationaux par l’infrastructure de recherche ACTRIS.

Contacts : Michel Ramonet et Morgan Lopez