Une étude récente d’attribution coordonné par le LSCE montre que le changement climatique a fortement amplifié l’intensité de la vague de chaleur exceptionnelle et précoce qui a touché l’Amérique du Nord en mars 2026. Elle montre également que près de 50 millions de personnes ont été exposées à une chaleur renforcée par le changement climatique, la majorité d’entre elles étant confrontée au niveau de chaleur le plus extrême.

Figure: Population exposée à une chaleur renforcée par le changement climatique lors de la vague de chaleur de mars 2026 en Amérique du Nord. (a) Zones où un réchauffement attribuable au changement climatique se superpose à la densité de population. Les couleurs représentent les niveaux de chaleur modéré (98e percentile), sévère (99e percentile) et extrême (99,5e percentile). (b) Population totale exposée selon le niveau d’intensité, montrant que près de 50 millions de personnes ont été concernées, la majorité étant exposée au niveau de chaleur le plus extrême.
En mars 2026, une vague de chaleur exceptionnellement précoce et étendue a touché une grande partie de l’ouest et du centre de l’Amérique du Nord, battant de nombreux records de température dans des villes comme Phoenix, Las Vegas et Los Angeles. En s’appuyant sur la méthode d’attribution par analogues atmosphériques développée dans le cadre de ClimaMeter et appliquée aux réanalyses ERA5, l’étude compare des situations météorologiques similaires observées dans un climat plus froid (1950–1987) avec celles du climat actuel (1988–2025). En conservant le même schéma de circulation atmosphérique, l’analyse isole la contribution du changement climatique. Les résultats montrent que, pour des configurations météorologiques comparables, les températures sont aujourd’hui de 1 à 3°C plus élevées, avec des augmentations localement supérieures. La circulation atmosphérique responsable de l’événement reste globalement similaire entre les deux périodes, tandis que la variabilité naturelle n’explique qu’une faible part des différences observées, ce qui souligne le rôle dominant du réchauffement d’origine humaine.
L’étude associe ensuite cette attribution météorologique à une analyse de l’exposition des populations et de l’activité économique. Elle montre qu’environ 50 millions de personnes et plus de 2 700 milliards de dollars de PIB se trouvaient dans des régions où le changement climatique a significativement renforcé l’intensité de la chaleur. La majeure partie de cette exposition concerne les niveaux les plus extrêmes de chaleur, illustrant que le réchauffement climatique accroît non seulement les températures, mais aussi le nombre de personnes et la valeur des biens exposés. Davide Faranda, chercheur CNRS au LSCE/IPSL, souligne que les situations anticycloniques persistantes restent le moteur immédiat de ces vagues de chaleur, mais qu’elles produisent désormais des températures nettement plus élevées qu’il y a quelques décennies. Tommaso Alberti, chercheur à l’INGV, ajoute que cet épisode montre comment le changement climatique transforme progressivement les vagues de chaleur précoces en risques majeurs pour les sociétés et les écosystèmes, avant même que ceux-ci aient pu s’y adapter.
Référence de l’article :
Faranda, D., Zanchi, M., Yiou, P., Chericoni, M., Vrac, M., Tang, H., Dafis, S., Mengaldo, G., & Alberti, T. (2026). Conditional Attribution and Socioeconomic Exposure of the March 2026 North America Early Heatwave. Environmental Research Letters, 21, 144006. https://doi.org/10.1088/1748-9326/ae870d

